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Class-hic par Léa Torre

  • Léa TORRE
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Plus de 30 ans après sa création, Angelin Prejlocaj présente à nouveau Le Parc dans le plus bel Opéra du monde.


La pièce débute par l’orchestre, rideau fermé. Puis les quatre jardiniers aux mouvements secs et millimétrés font leur première apparition. Ces interludes modernes et presque futuristes laisseraient penser que l’on a affaire à un chorégraphe plutôt néo que classique. La légèreté, l’humour et la sexualité que peuvent exprimer les danseurs pousse également le spectateur dans ce sens. Cependant, un ballet classique, aussi contemporain soit-il, favorise toujours la technique au dépend de la narration…



Dans le cas du Parc, même la scénographie est délaissée. Lors du premier acte, on aperçoit des arbres brutalistes dont le sommet semble être des cages. L’acte suivant, leurs troncs sont utilisés par le corps de ballet dans des jeux où les couples se cherchent jusqu’à la dévergonde. Puis les arbres disparaissent. Dans un spectacle au décor presque inexistant (quelques chaises et six piliers) ne pas exploiter plus ce dispositif est regrettable.



Le pire vient de l’idée même de cette pièce. Qu’il s’agisse d’un conte, d’une volonté d’expérimenter, de pousser à la réflexion ou simplement de nous évader, la danse trouve son art lorsque le corps est mis au service d’un propos. Ici, il n’y a pas d’histoire concrète à suivre, de pensée approfondie. On comprend très vite le lien avec l’amour et l’évolution de celui-ci mais chercher plus loin ne mène à rien : la pensée de Prejlocaj s’est arrêtée à cette simple idée. Reposer tout un spectacle sur la filiation amoureuse et se nourrir de trois références artistique en fait une pièce plate, sans profondeur.



Cependant, on ne peut retirer le fait que les duos et notamment le pas de deux des étoiles (aux mouvements certes bien trop souvent prévisibles) étaient beaux et pouvaient presque nous susciter des émotions. Mais comment être sincèrement ému par des histoires où les interprètes semblent inhumains ? Bien qu’enclins d’une volonté de bien faire, la rigueur de leur apprentissage laisse des traces. L’émotion vient du naturel, pas d’êtres raides qui ne semblent pas respirer et dont on sent la préparation avant chaque saut.


Léa Torre



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